La graphie « appelle-moi » ou « appelles-moi » génère une hésitation tenace, y compris chez des francophones aguerris. La forme correcte est appelle-moi, sans « s » et avec un trait d’union. Derrière cette réponse tient une mécanique grammaticale précise, liée à la conjugaison de l’impératif présent et aux particularités du verbe appeler.
Le verbe appeler à l’impératif : pourquoi le « s » disparaît
L’erreur « appelles-moi » vient d’une confusion entre deux formes du présent. Au présent de l’indicatif, la deuxième personne du singulier prend bien un « s » : « tu appelles ». L’impératif présent, lui, suit une règle différente pour les verbes du premier groupe.
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À l’impératif, la deuxième personne du singulier des verbes en -er perd son « s ». On écrit « mange », « parle », « chante », et donc « appelle ». L’impératif des verbes en -er ne prend jamais de « s » à la deuxième personne du singulier, sauf devant les pronoms « en » et « y » pour des raisons de liaison phonétique (« manges-en », « vas-y »).
Ce principe s’applique sans exception au verbe appeler. La forme correcte de l’injonction est donc « appelle », que le pronom « moi » suive ou non.
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Trait d’union et pronom : la construction « appelle-moi » en français
Le trait d’union entre « appelle » et « moi » pose lui aussi des questions. À l’impératif, quand le verbe est suivi d’un pronom personnel complément, le trait d’union est obligatoire. C’est une règle de typographie normée, pas un choix stylistique.
On retrouve cette construction dans tous les cas similaires : « donne-moi », « écoute-le », « regarde-les ». Écrire « appelle moi » en deux mots séparés sans trait d’union constitue une faute d’orthographe.
Les trois graphies fautives les plus fréquentes sont donc :
- « Appelles-moi » (ajout d’un « s » issu de l’indicatif présent, forme la plus répandue)
- « Appelle moi » (oubli du trait d’union entre le verbe et le pronom)
- « Appel-moi » ou « appel moi » (confusion entre le nom « un appel » et le verbe conjugué « appelle »)
Doublement du « l » dans appeler : la règle de conjugaison à connaître
Le verbe appeler présente une difficulté supplémentaire : le doublement du « l » selon les formes conjuguées. À l’infinitif, on écrit « appeler » avec un seul « l ». Conjugué, le « l » se double devant un « e » muet.
Concrètement, on écrit « j’appelle », « tu appelles », « il appelle », « ils appellent » (deux « l »), mais « nous appelons », « vous appelez » (un seul « l »). Le « l » double quand la syllabe suivante contient un « e » muet.
À l’impératif, « appelle » suit la même logique : la terminaison muette entraîne le doublement. Ce fonctionnement est partagé par d’autres verbes comme « jeter » (je jette / nous jetons) ou « renouveler » (je renouvelle / nous renouvelons).
Rappeler suit exactement le même schéma
Le verbe « rappeler », souvent utilisé dans le même contexte, obéit aux mêmes règles. On écrit « rappelle-moi » à l’impératif, avec deux « l », sans « s », et avec un trait d’union. La confusion entre « appeler » et « rappeler » n’a pas lieu d’être : leur conjugaison est identique à toutes les personnes et à tous les temps.

Orthographe d’appelle-moi et contexte réglementaire des appels en 2026
L’expression « appelle-moi » prend une dimension inattendue en 2026 dans le contexte du démarchage téléphonique. Depuis la loi du 30 juin 2025, entrant en vigueur le 11 août 2026, tout appel commercial vers un particulier est par principe illégal sans consentement explicite, libre, spécifique, éclairé et révocable de la personne appelée.
Ce changement supprime le dispositif Bloctel. Le consommateur n’a plus besoin de s’inscrire sur une liste d’opposition : le silence vaut désormais refus, et c’est à l’entreprise de prouver qu’elle a recueilli l’accord préalable avant de passer l’appel.
L’Arcep a aussi imposé des préfixes dédiés aux appels commerciaux (0162, 0163, 0270, 0271, entre autres) et interdit l’usage des numéros en 06 ou 07 pour le démarchage. Un « appelle-moi » reçu depuis un numéro en 06 correspond donc, en principe, à un appel privé ou professionnel légitime, pas à de la prospection.
Cette distinction pratique rejoint la question orthographique : dans un cadre professionnel où l’on demande à un client ou un collègue de rappeler, la forme écrite « appelle-moi » (correcte) ou « appelez-moi » (vouvoiement) reste la seule acceptable. L’enjeu n’est plus seulement grammatical, il engage aussi la crédibilité de la communication.
Mémoriser la bonne orthographe d’appelle-moi : deux points de vérification
Plutôt qu’un moyen mnémotechnique artificiel, deux vérifications suffisent avant d’écrire cette forme :
- Le verbe est-il à l’impératif ? Si oui, et s’il appartient au premier groupe (-er), la deuxième personne du singulier ne prend pas de « s »
- Un pronom suit-il le verbe ? Si oui, le trait d’union est obligatoire entre le verbe et le pronom (« appelle-moi », « appelle-le », « appelle-nous »)
- La syllabe après le « l » contient-elle un « e » muet ? Si oui, le « l » se double (« appelle » et non « apele »)
La graphie « appelle-moi » combine trois règles distinctes : impératif sans « s », trait d’union devant le pronom, doublement du « l » devant « e » muet. Chacune se vérifie indépendamment, ce qui rend l’ensemble plus fiable qu’un simple réflexe de mémoire.
Les correcteurs orthographiques détectent généralement l’erreur « appelles-moi », mais pas toujours « appelle moi » sans trait d’union. Relire en se posant ces deux questions reste le moyen le plus sûr d’éviter la faute, que ce soit dans un message rapide ou dans un document professionnel.

